Dans les murs de l’Alhambra, l’ancien cinéma dijonnais fermé depuis 1978, une brasserie de l’enseigne « Au Bureau » va ouvrir le 24 août. Un projet de longue haleine porté avec enthousiasme et sérénité par Nathalie Gaunet et Richard Texeira, couple à la ville comme… au bureau.
Il a ouvert au début du siècle dernier et a connu le temps des films muets accompagnés en direct par un orchestre. Le cinéma l’Alhambra, situé au no2 de la place de la République à Dijon, entre le boulevard de la Trémouille et la rue Devosge, a depuis longtemps disparu des grilles de programmation. Laissé à l’abandon à la fin des années soixante-dix, il ne reste comme témoins de son passé que sa façade, son balcon à l’italienne et quelques moulures au plafond. C’est d’ailleurs en visitant ce lieu atypique chargé d’histoire locale que les entrepreneurs Nathalie Gaunet et Richard Texeira ont eu le coup de foudre. « Dès les premiers pas dans l’établissement, j’ai ressenti une âme qui l’habitait », se remémore Nathalie. Une impression que confirme son mari : « Pour moi aussi, au bout de dix minutes, je savais que c’était ce que nous recherchions. » Le couple, à l’approche de la cinquantaine, venait de quitter Paris et l’hôtel Chalgrin qu’ils géraient depuis des années pour faire le grand saut à Dijon et donner un nouveau souffle à leur vie professionnelle. À eux deux, un total de plus de cinquante ans d’expérience dans l’hôtellerie-restauration. C’est dire s’ils connaissent le métier sur le bout des doigts, d’autant plus que leurs parcours sont complémentaires. L’hôtellerie pour elle, la restauration pour lui.
La touche féminine
Nathalie Gaunet n’est pas née dans un hôtel, mais presque ! Dans sa famille, le gène de l’hôtellerie se transmet de génération en génération. Ses grands-parents, puis ses parents, ont géré plusieurs établissements à Paris. C’est donc tout naturellement qu’elle a intégré l’école hôtelière Vatel, puis fait ses premières armes au sein des adresses familiales. Bon sang ne saurait mentir, c’est tout naturellement aussi qu’elle a vu sa dernière fille, âgée maintenant de vingt-trois ans, opter pour la même formation.
Dans la répartition des tâches au sein du couple, Nathalie est la touche back-office, pour ne pas dire qu’elle est Au Bureau plutôt qu’en salle… Elle met son sens de l’organisation et de la gestion au profit de l’administratif. Elle gère les contrats, les factures et les relations sociales. Pour cette passionnée de danse classique et de salsa, qui aime la mode et les bijoux, cette nouvelle aventure professionnelle la ravit. « Je suis heureuse de participer au renouveau de l’Alhambra et j’ai bien hâte de célébrer l’ouverture », note cette femme conviviale, adepte du cocooning, qui n’a qu’une envie : « faire de cette brasserie un lieu de vie et de partage ».
La résistance du rugbyman
Richard Texeira est lui originaire d’Autun. Carrure de sportif et regard bleu, ce passionné de rugby se définit, à quarante-neuf ans, comme un homme de terrain. Cuisinier de formation, il a déjà tout fait et tout connu dans le métier : en cuisine ou en salle, comme barman, maître d’hôtel ou directeur de restaurant. C’est lui qui est à l’origine de cette franchise Au Bureau à Dijon. Un projet d’envergure qu’il porte depuis 2015, sans compter ses heures ni son investissement, et malgré les embûches diverses et variées, les mises aux normes, les retards administratifs ou de chantier. Si sa sérénité a été mise à rude épreuve, elle ne l’a jamais quitté. « Je suis naturellement patient et peu angoissé. Je ne me décourage jamais et je relativise toujours », précise cet accro au jardinage qui met en route sa tondeuse, ainsi que son quad, dès qu’il peut rejoindre leur maison de campagne d’Arnay-le-Duc. Là, ce couple accueillant y reçoit ses amis pour des dîners chaleureux et pour « décompresser ». À leur table, chez eux ou pour leurs clients, ils n’ont qu’un seul credo, confessé à deux voix : « donner du plaisir aux gens ». Gageons que les Dijonnais et Dijonnaises apprécieront.