Tu es épuisé(e) par cette météo crépusculaire. Comme tous ceux qui n’ont pas eu la bonne idée d’aller dans le Sud ou en Corse cet été, tu n’as pas eu ton quota de vitamine D, et ce depuis le 1er mai. Mais rends-toi compte de ta chance : tu habites en Bourgogne, et c’est la meilleure solution pour survivre et récupérer la pêche dans ce monde tout gris !

Par Ninon Niwi
illustrations : Aurélie Magnan
Requinque-toi dans les vignes (et pas nécessairement dans les caves, quoique)
C’est le mois où elles sont toutes sublimes : une orgie de rouges et de dorés sur les courbes douces des vignobles. C’est l’occasion de sortir de ta zone de confort et d’aller voir celle des autres, ou de faire découvrir ton coin à tes amis ! À vous les virées dans les quatre départements, ce ne sont pas les bons crus ni les beaux endroits qui manquent ! La Côte, bien sûr, mais n’oublions pas l’Yonne avec ses exotiques Tonnerois et Vézelien, et le Beaujolais qui ne produit pas que du vin nouveau. C’est le moment de soutenir les vignerons de Chablis et les commerçants locaux, qui ont bien souffert des intempéries au printemps, et de fêter les 80 ans de la Route des Grands Crus. Pour organiser tes visites : le site de Bourgogne-Tourisme, les sites des comités de tourisme mais aussi, tout simplement, les greeters de Bourgogne qui ne demanderont pas mieux que de faire visiter leur coin en toute amitié. Évidemment, il y a aussi les bons plans de Bourgogne Magazine !
Vire les toxiques de ta vie
L’ami qui ne rappelle jamais sauf pour te demander un service, le chef qui te fait tourner en bourrique, le commerçant qui te propose des gougères pas fraîches, le chauffard qui a failli te prendre la vie sur la route de Poil (j’adore cet endroit)… certains toxiques sont inévitables et ils sont nombreux ! À toi de faire le point, de ressentir ce qui te fait du bien ou pas, et de déterminer ce que tu peux encore accepter. Par exemple, le gros lourd qui ne communique avec toi que par Whatsapp au lieu de prendre sa voiture pour faire la route de Cluny à Beaune et te voir, tu peux le virer de tous tes moyens de communication. Ta fille ado qui te dit qu’elle te hait parce que tu lui as demandé de ranger sa chambre avant d’aller rejoindre ses amis punks à chiens sur la place Wilson, un peu moins. Mais tu peux prendre du recul, te souvenir que tu as été jeune et que ta propre mère est vengée. Tu n’as rien de mieux à faire qu’aller retrouver tes amis, ou ton conjoint si tu en as un, et faire une bonne séance de plaintes parentales. Ça marche pour tous les toxiques qui nous irritent : rien ne vaut un bon moment de ricanement-gémissement autour d’un bon verre de saint-romain et une planche jambon persillé-époisse pour se remettre les idées en place !
Enlève les notifications de ton téléphone
La mode est à la déconnexion (ça tombe bien, dans le Morvan, il y a plein de coins pour pouvoir le faire) mais sans aller jusqu’à ces terribles extrémités, pourquoi ne pas te délivrer d’une bonne dose de stress et tout simplement désactiver les notifications de tes applications ? As-tu vraiment besoin de savoir en temps réel que ta cousine Jeannette vient de réussir la Transjurassienne ? Que 18 personnes ont aimé ta photo du coucher de soleil sur le clocher de Mâcon ou tes œufs en meurette, même si tu as eu du mal à les faire ? Certains gros intoxiqués du virtuel, comme David Abiker, après avoir frôlé l’internement, sont revenus à la raison. Son conseil, c’est de ne pas tout couper (à moins de vouloir rentrer au Carmel de Flavignerot), mais de gérer toi-même ton flux d’informations. Va dans la partie « paramètres » des applications et décoche « recevoir les notifications ». Le soulagement est immédiat, et crois-moi, il vaut mieux ouvrir Facebook et voir que tu as plein de notifications quand tu fais une pause, que d’en recevoir plusieurs fois par heure. Même chose pour les alertes des sites d’information : n’en choisis qu’une, il n’y a rien de pire que de recevoir 10 fois la nouvelle d’une catastrophe internationale ou d’un fait-divers à deux pas de chez toi.
Fais une cure de raisin bourguignon, bien sûr !
Je l’ai faite en septembre il y a quelques années, et je n’ai pas eu UN SEUL rhume de l’hiver suivant. Ma peau était magnifique, j’avais perdu 3 kg (la cure a duré 10 jours) et ça m’a donné une pêche d’enfer. Bon, évidemment, les mois qui ont suivi, la vue de la moindre grappe de raisin m’était insupportable, mais je n’ai pas regretté cette fameuse cure. Le principe est simple : pendant plusieurs jours, tu ne manges que du raisin (bio, évidemment) dès que la faim se fait sentir. Le sucre te donne de l’énergie, ton organisme se met au repos, ton appétit se régule et tu élimines ce dont tu as besoin, tout en te libérant du temps pour faire autre chose que de préparer tes repas et faire les courses. Les deux premiers jours ne sont pas terribles (maux de tête et humeur massacrante dus à l’élimination des toxines). C’est pour cela qu’il faut un peu préparer le terrain en mangeant de plus en plus de légumes et de fruits auparavant, jusqu’à arriver à ne plus ingurgiter que ce fruit de la vigne, de l’eau et des tisanes. Le retour à la normale se fait dans l’autre sens, en tâchant d’éviter les frites et les hamburgers à la fin. Ce type de monodiète peut être décliné avec d’autres fruits -on m’a dit grand bien de la cure de pommes (bio et locales évidemment, ne va pas t’intoxiquer bêtement au glyphosate non plus)- et se dérouler sur une période plus courte. Si tu veux plus d’infos : tape cure de raisin sur internet !