Plus de quarante ans que l’École des Vins de Bourgogne forme les ambassadeurs et ambassadrices de la Bourgogne viticole. Des centaines d’élèves sont accueillis à Beaune chaque année, et les femmes y sont de plus en plus nombreuses. Deux écolières millésimées 2018 racontent.
Par Michel Giraud / Photos : Christophe Remondière
Charlotte Fromont
Guide conférencière, enseignante, diplômée en viticulture, chercheur sur la généalogie parcellaire, chroniqueuse radio, auteure, pigiste pour la presse écrite… Charlotte Fromont est tout cela à la fois. Une véritable touche-à-tout passionnée, sans cesse en éveil. Pas étonnant, du coup, de la retrouver sur les bancs de l’École des Vins de Bourgogne : « Même si j’enseigne et je connais les vins, mon domaine de recherche reste avant tout l’histoire, expose-t-elle depuis une confortable banquette dr Dr Wine, à Dijon. Dans ma profession, le discours doit être le plus juste possible. On ne pratique pas le métier de guide comme il y a 20 ou 30 ans. D’où la nécessité de se former régulièrement, de remettre sur la table ses connaissances pour ne pas s’engluer. » Sage réflexe que la remise en question, de notre point de vue. « Je me demande souvent si j’ai un bon angle d’approche », renchérit Charlotte, pour qui « la dégustation, par exemple, nécessite un travail particulier : les méthodologies évoluent, le vocabulaire aussi. Je me rends compte qu’il y a des choses qu’on ne dit plus, d’autres que l’on évoque et que l’on appréhende différemment. » Sur ce constat, l’expertise de l’École des Vins de Bourgogne n’est pas de trop. « Elle est en recherche active, des équipes travaillent chaque jour sur d’autres axes de recherche que les miens, du coup l’échange est extrêmement enrichissant. Nous sommes des ambassadeurs des vins de Bourgogne, sur le terrain, au contact de touristes ; nous devons non seulement les séduire, mais aussi être rigoureux. »
Elle a débuté dans l’hôtellerie avant une bienheureuse reconversion il y a quatre ans. Julie Berthet est à présent assistante administrative et commerciale au domaine Naudin-Ferrand à Magny-les-Villers, à quelques jets de bouteilles de Pernand-Vergelesses. Pour elle, l’apprentissage est une question de variété : « J’apprends beaucoup au contact de Claire Naudin, mais il est indispensable de multiplier les sources. Pour les professionnels, l’avantage de l’École des Vins de Bourgogne se trouve d’abord dans les formats proposés. Ils sont variables et bien adaptés à nos contraintes. Avec mon travail au domaine, il m’est impossible de m’absenter une semaine. Là, sur des formats courts de deux jours, c’est parfait, on va à l’essentiel. J’ai retrouvé Jean-Pierre Renard, un puits de sciences, qui était déjà tuteur lors de ma formation initiale. Un régal ! Les personnes sont disponibles, à l’écoute, nous sont entièrement consacrées. J’ai bien accroché sur la partie géologie, que j’avais identifié comme un de mes besoins premiers. »
À la bonne heure ! Cette nouvelle aventure constitue des bases solides pour cette élève appliquée qui, de son propre aveu, « avait besoin d’une remise à niveau, de sortir de (son) quotidien, d’échanger avec d’autres participants et les formateurs ». Le but est de valoriser ses compétences, bien sûr, et « d’enrichir à l’instant T les conversations que j’ai avec les clients du caveau. Mon ambition, c’est de leur apporter toujours plus. »
En bref
Créée en 1974 par l’interprofession (BIVB), l’École des Vins de Bourgogne est une pionnière du genre en France. Une dizaine de formateurs, œnologues, sommeliers, ingénieurs agronomes, géologues et analystes sensoriels s’y relaient pour un discours adapté aussi bien au néophyte qu’au professionnel. Sur une 1h30, une journée, une semaine, les formules sont multiples : conférences généralistes ou thématiques, dégustations commentées, lectures de paysages, visites de domaines, déjeuners… Le programme de l’école beaunoise est large. Il peut même s’établir à la carte, selon les niveaux de connaissance ou les envies. Au final, la promesse n’est pas tant de devenir incollable sur les vins de Bourgogne et de réciter du « par cœur » mais d’adopter une véritable curiosité et un lecture fine de ce patrimoine.
Plus d’infos sur www.vins-bourgogne.fr • 03 80 26 35 10