Inséparables, Cyrille de Crépy et Eudes-Guilhem Marino sont des promoteurs qui comptent en région dijonnaise avec 150 à 200 logements livrés par an. D’une seule voix, le duo de Sopirim nous parle de lui.
Propos recueillis par Alexandra Capelovici
Photo : Jonas Jacquel
C’est quoi, un bon promoteur ?
Vous connaissez le sketch des Inconnus sur les chasseurs ? Un mauvais chasseur il voit un truc, bon, ben il tire ; un bon chasseur il voit un truc il tire (sourires). Un mauvais promoteur vend et construit, un bon promoteur vend et construit. Plus sérieusement, c’est sans doute celui qui fait l’effort, avant même d’acheter un terrain, de se demander si lui-même s’y plairait. Il doit se projeter à la place du futur habitant.
On vous caricature volontiers…
Ce métier reste encore mal perçu. On nous voit comme les salauds qui bétonnent. L’image d’Epinal du promoteur bedonnant qui fume le cigare me fait sourire. Heureusement pour nous, ce n’est pas notre cas ! Ce qu’on sait moins, c’est que notre profession est ultra réglementée, les acquéreurs ont pléthore de garanties.
Et vous voulez durer, on imagine !
Bien sûr. Nous assumons tout de A à Z : de la négociation du terrain à l’installation des propriétaires. Et comme nous ne sommes pas masochistes, nous faisons en sorte que ça se passe bien du début à la fin. Dijon n’est pas que le centre de nos activités, c’est aussi là où grandissent nos enfants.
Dijon, c’est le terrain de jeu rêvé pour un promoteur ?
Oui et non. Nous qui sommes arrivés juste en 2006, juste avant la crise, tout n’a pas été facile. Les premiers coups de fils reçus nous commandaient des pizzas par erreur (sourires). On savait que ça serait dur, mais pas à ce point. Mais il faut garder en tête que l’immobilier est cyclique.
Votre duo d’indépendants traverse les années. Qu’est-ce qui vous rend solides et solidaires ?
C’est justement cette association, dans les moments de bonheur très agréables à partager comme dans les coups durs. Cyrille fait le café et moi je le sers (rires). Nous sommes interchangeables tout en étant complémentaires.
Travailler entre amis, ce n’est pas risquer de devenir, indirectement, des collègues de bureau ?
Naturellement, on passe l’essentiel de notre temps diurne ensemble ou au téléphone. Nos relations sont très fortes. Avec le temps, on sait ce que l’autre dirait, dira ou va dire sans même qu’il ait besoin d’ouvrir la bouche. Ce qui peut être un risque aussi, le « je pensais que tu allais dire ça ». Ce qui est bien, c’est que le peu de fois où nous étions en désaccord, jamais l’un a dit à l’autre cette phrase facile et dangereuse : « Je te l’avais bien dit. » Puis, en toute transparence, on a aussi un garde-fou : quelle que soit l’entreprise dans laquelle on s’installe (chaque projet immobilier entraine une création ex nihilo), elle est strictement à parts égales. De fait, aucune discussion ne se termine par « c’est moi qui décide ».
Promoteur, c’est un métier à temps plus que plein. Vous faites quoi de votre temps libre ?
Cyrille : Le footing est mon exutoire principal, et je suis par ailleurs bien occupé avec mon mandat de vice-président du tribunal de commerce . C’est mon côté saint Bernard (sourires).
Ce poste oblige à une remise en question permanente en tant que chef d’entreprise et beaucoup d’humilité.
Eudes-Guilhem : J’avoue pratiquer aussi des sports égoïstes : footing et ski. Et, même si c’est un peu cliché de dire ça, ma principale occupation sont mes trois enfants. C’est un loisir à temps plein, j’y prends beaucoup de plaisir. Leur candeur et leur spontanéité permettent d’oublier les difficultés du métier.
Où vous voyez-vous dans dix ans ?
En train de répondre à vos questions ! (sourires)