Laura Vazquez, notaire associée dans une étude de Dijon, parle de son métier avec l’esprit rigoureux de la professionnelle du droit mais aussi avec le cœur. Parce que le notaire accompagne ses clients dans les moments clés de leur vie, il est forcément humain et pétri d’empathie.
Par Michel Giraud
Photo : Christophe Remondière
Rendez-vous, rue Ledru-Rollin, à deux pas du conservatoire de Dijon, avec Laura Vazquez. Accueil charmant, souriant à souhait, pour évoquer un métier dont les codes continuent d’être bousculés : « J’ai le sentiment que les costumes-cravate, les tailleurs, c’est de l’histoire ancienne. Et honnêtement, rien que cela nous rend plus accessible. Les jeunes notaires ont clairement apporté un nouveau souffle ». Cette jeunesse dont Laura fait partie, elle la fille de commerçants, l’épouse de restaurateur : « J’aime le contact humain, mais la profession de notaire ne m’avait jamais effleuré l’esprit. Étudiante, je me voyais plutôt intégrer l’École normale supérieure. J’étais inscrite dans un double cursus avec un Deug de droit. J’étais attirée par le métier de juriste d’entreprise. C’est l’une de mes enseignantes qui m’a parlé du notariat. » Banco ! Une licence à Dijon, un master en droit notarial à Lyon, puis un stage de deux ans dans une étude à Mirebeau-sur-Bèze… « Je suis ensuite arrivée à Dijon comme assistante de Loïc Obadia, auprès de qui j’ai fait mes armes, mes preuves. Je suis tombée sur des personnes qui m’ont fait confiance, qui ont valorisé mon travail, mon implication, mes compétences, et aujourd’hui me voici associée au sein de l’étude. » Pour la petite histoire, c’est dans cette même étude que Laura Vazquez a fait son premier stage. « C’est là que j’ai pris conscience du métier, de son côté humain. On ne peut pas être notaire si on n’aime pas les gens ! Nous avons une relation particulière avec nos clients. Nous sommes à leurs côtés dans des situations anxiogènes souvent : une succession, un divorce, une acquisition immobilière – l’achat d’une vie. Nous sommes là pour vulgariser le discours juridique, pour conseiller nos clients, les accompagner. Il faut se rendre disponible, répondre immédiatement à leurs questions. Et souvent à la fin du dossier, il m’arrive de les appeler par leur prénom, preuve du lien de confiance et d’échange qui s’est instauré. »
Vient alors le moment d’évoquer la vie de l’étude, portée par « une équipe complémentaire ». « Moi je suis généraliste. Loïc est spécialiste de la fiscalité des entreprises, du droit des affaires. Nous sommes aussi très implantés en milieu rural avec un bureau à Selongey et un autre à Arnay-le-Duc. C’est un équilibre à quatre intéressant qui nous permet de balayer tous les panels. Nous sommes aussi en mesure de répondre à toutes les problématiques, car il y a toujours quelqu’un dans l’équipe pour résoudre une situation. Je suis la seule femme parmi les associés. Moi, j’ai plutôt tendance à être cartésienne, attachée aux textes, mes collègues eux ont une autre approche, plus pragmatique. Et cette complémentarité m’enrichit chaque jour. Il n’y a jamais un cas identique. Il faut se rendre compte que le métier est en pleine évolution. Je prends pour exemple le numérique, avec la signature interactive qui arrive pour des échanges plus rapides et à distance, pour répondre aussi aux demandes de nos clients qui, comme dans la vente par correspondance, veulent aujourd’hui suivre à distance l’avancée
« Le métier est en pleine évolution. Par exemple avec le numérique. La signature interactive permet des échanges plus rapides et à distance. »
pas à pas de leur dossier. Mais attention, rapidité oui, mais pas de précipitation ! Ça reste un métier de rigueur. » Dans les 15 prochaines années, Laura Vazquez s’attend aussi à recevoir de nouvelles missions de la part des pouvoirs publics. À l’instar par exemple du divorce par consentement mutuel, tombé dans le giron des notaires récemment. Et la discussion de se poursuivre, autour d’une profession « où l’empathie restera toujours une qualité indispensable à un bon notaire. La curiosité aussi. Il est impératif de continuer à se former, à s’informer car en matière de jurisprudence et de doctrine, le changement est permanent. Et donc la vigilance de mise ».