C’est au-dessus d’un salon de thé, le Comptoir des Colonies à Dijon, que Sylvain Camos crée en 1993 son agence de communication événementielle EMA Events. Epaulé par ses directeurs-associés Nicolas Bresard et Anis Belgacem, Sylvain lance aujourd’hui EMA dans la production d’événements. En particulier pour Astérix.
Par Olivier Mouchiquel
Photo : Christophe Remondière
Des clients comme le Royal Monceau, une filiale au Maroc, des bureaux commerciaux à Levallois, organisant des événements sur tout le territoire français… EMA Events est une belle réussite dijonnaise. Après avoir affronté avec succès des périodes plus sombres, l’entreprise est passée en quinze ans de 5 à 20 salariés. Sylvain Camos est très clair : « Nous sommes une agence événementielle qui maîtrise le design et la scénographie. » Nicolas Bresard précise : « Mais nous pouvons gérer la communication liée aux événements. » La force d’EMA ? Les métiers en interne. « Cela nous permet de répondre rapidement à toutes les demandes. Une fabrication urgente ? Tu passes à l’atelier. »
Chefs d’orchestre
Anis Belgacem fait le tour de la maison : « Nous avons un studio de création, des designers d’espace, une graphiste, un atelier de décoration avec menuisier, décorateur, tapissier, magasinier, des chefs de projets et leurs assistants, une personne dédiée au développement d’EMA. »
Sylvain, c’est la tour de contrôle : « Ce qui compte, c’est la créativité. En fonction de ce que nous imaginons, nous allons chercher les talents dans notre réseau en France et à l’étranger. Nous sommes des chefs d’orchestre. »
La fierté de Sylvain ? Pouvoir faire travailler jusqu’à 80 % d’entreprises locales sur les événements commandés à EMA, notamment en Bourgogne. « Nous sommes des artisans de l’événementiel, nous travaillons façon haute couture. »
Positionnée haut de gamme, EMA Events est accessible aux petits budgets. « Nous faisons du sur-mesure, rassure Anis. Pour un anniversaire par exemple, nous avons créé Ambiance. Du mobilier fabriqué par EMA en location à petit prix, et notre expertise en accompagnement. Nos décors sont pensés dans une démarche de responsabilité environnementale, on peut les réutiliser. »
« Tu recommenceras demain »
Sylvain confirme : « Quand tu confies ton anniversaire ou ton lancement de produit à EMA, tu sais que tu seras accompagné et quelque soit ton budget, tu auras la même prestation de service, le même accueil, la même attention, la même qualité de travail des artisans. L’événementiel, c’est la communication humaine de la communication papier. »
Cette relation de confiance basée sur la bienveillance et le professionnalisme est au cœur des métiers d’EMA. Anis cite en exemples La Poste ou le groupe Natexis Assurances venus les chercher « pour une création de concept sur aire d’autoroute. Aujourd’hui, c’est un client qui nous fait confiance au niveau national pour la Banque Populaire ou la Caisse d’Epargne. »
La devise d’EMA, on la doit à Voltaire : tout ce qui touche le coeur se grave dans la mémoire. L’événementiel ne tolère pas ou peu d’erreurs, mais c’est une adrénaline motivante. « Elle nous maintient, confirme Nicolas. Quoi qu’il arrive ton événement doit être réussi, tu ne peux pas t’excuser et dire que tu feras mieux demain. »
Anis acquiesce : « Nous transformons ce stress en positif pour ne pas le transmettre à notre équipe. C’est un métier où il faut savoir s’entourer. »
Justement, puisqu’on en parle, d’où vient-il, Anis ? « Originaire d’Autun, formé chez Disney et dans une petite agence de com, j’ai rejoint EMA, dont j’étais client, il y a huit ans dans la partie projets. » Avant de partir travailler dans le Sud sur de grosses productions, Hallliday, Massive Attack, Radiohead, Nicolas avait créé un festival de musique au Creusot, les Giboulées, qui a duré quinze ans. Revenu en Bourgogne, il est entré chez EMA en chargeant des caisses dans les camions. Pour rester à la fabrication des décors, il a fait croire à Sylvain qu’il était menuisier. Un métier qu’il a vite appris en mettant les mains dans la sciure.
Prendre les coups
EMA va fêter sa vingt-sixième année. Sylvain est un homme heureux. « J’ai créé EMA, j’en connais toutes les arcanes. J’ai fait d’Anis et Nicolas mes associés pour ne pas rester seul et que l’équipe se sente comme chez elle. Je suis le patron pour les bons côtés comme les moins bons. Un chef, c’est surtout fait pour prendre les coups. Je suis là pour ça, c’est mon rôle. »
Nicolas l’est tout autant : « Quand les agences parisiennes rêvent d’organiser la Villa Schweppes à Cannes, « the place to be » du festival, et que notre client répond « non, c’est mon prestataire dijonnais », ça fait toujours plaisir (sourires) »
Et l’avenir ? Pour l’hôtel Le Majestic, EMA organise une première mondiale, un escape game digital qui permettra aux enfants de découvrir l’hôtel autrement, avec son lobby, son potager. Agence exclusive des Miss France, du Petit Nicolas, et désormais d’Astérix en France pour deux ans, EMA se lance dans une nouvelle aventure : « Nous devenons producteurs d’événements. » Pour l’instant, chut, mais on va vite en reparler…